• Junjo Romantica (Yaoi !)

    Junjo Romantica (Yaoi !)

    (Étrangement, quand on demande à une personne quel a été son premier yaoi, il y a 99% de chance qu'elle vous réponde "Junjo Romantica" mais pourquoi donc un tel engouement ?)

    Junjo Romantica est un manga de Shunjiku Nakamura, spécialiste du Yaoi puisqu'elle est également l'auteur de Sekaiichi Hatsukoi et de Hybrid Child. Il est prépublié depuis 2002 dans le magazine Asuka Ciel et publié en France depuis 2011 dans la collection Boy's love par Kazé. 

    Plusieurs média dérivés sont sortis après l'explosion de la série: Des Drama-CD, des artbooks, des Romans et une série animée en trois saisons depuis 2008. Elle a été réalisée par le génial Studio Deen à l'oeuvre sur Lamu, Ranma ½, Kenshin le Vagabond, Vampire Knight et Super Lovers ainsi que sur les autres séries inspirées de Shunjiku Nakamura. 

    On entre dans l'histoire du point de vue de Misaki qui est un jeune lycéen voulant entrer dans une FAC prestigieuse mais dont les résultats sont insuffisant. Son frère Takahiro le présente donc à un ami, l'auteur à succès Akihiko Usami, sorti à l'époque Major de sa promo. Son frère étant muté, Misaki va se retrouver à vivre chez Usami qui ne cesse de lui dire qu'il l'aime. S'en suit une relation d'amour vache entre les deux protagonistes. 

    Qui ne sont pas que deux protagonistes d'ailleurs comme cette oeuvre est en réalité un récit chorale, c'est à dire où l'on suit plusieurs personnages dont les destins s'entrecroisent. Souvent, les personnes sont ainsi liés à la faculté que fréquente Misaki. 

    Simplement pour avoir réussi à écrire un scénario avec autant de personnages en même temps et sans embrouiller le lecteur, c'est du grand art ! On retrouve cette même patte dans Sekaiichi Hatsukoi et hybrid Child. Le genre Chorale montre qu'il existe "une vraie vie" dans l'oeuvre de Nakamura ce qui créé un univers cohérent même si, au delà de toute logique sociologique, le nombre d'homo dans cette ville semble être en constante croissance (et on se demande pourquoi le Japon a un souci démographique ! XD).

    On alterne entre les trois différentes histoires qui amènent chacune une dimension nouvelle de l'amour comme l'indique leurs titres (Terrorist, Egoist et Romantica). On regrettera des caractères un peu trop semblables et des clichés Uke - Seme un peu trop faciles ( Un seme froid et distant et un petit uke tout intimidé et rougissant ) le seul couple sortant un tant soit peu des sentiers battus étant celui de Junjou Egoist.

    Si le chara-design de Nakamura peut irriter avec ses visages pointus ou carrés et ses trois coupes de cheveux connues, l'animation du studio Deen rend le tout beaucoup plus digeste et limite, une nouvelle fois en censurant les scènes de sexe, très explicites dans le manga. 

    La série possède un coté très méta. Les personnages ont conscience d'être dans un manga et y font souvent allusion lorsque un cliché se présente. Cela permet d'enterrer quelque peu les dits-clichés et d'apporter une touche d'humour. Car la série et le manga sont vraiment drôles, pleins de situations loufoques ou absurdes qui ne peuvent arriver que dans la tête d'une auteure dérangée he

    La saga sait aussi s'offrir de beaux moments d'émotion bien ammené, renforcés dans l'anime par une très belle photographie et une musique au poil. 

    Malheureusement, Junjou Romantica n'est pas exempt de défaut. Entre tous les personnages qui tombent "comme par hasard" totalement in love de Misaki au point d'en devenir un running gag involontaire, j'ai beaucoup de mal à comprendre la manière dont sont abordés certains des thèmes de Junjou. 

    Ainsi, la première fois que Misaki vient chez Usami, il se fait littéralement violer par l'écrivain. De même, dans le reste de la saga, plusieurs fois, Misaki montrera son désaccord mais finira par coucher avec Usami. Alors oui. C'est justifié par la fait que il ne sait pas avouer ses sentiments et que si vraiment il ne voulait pas alors il aurait repoussé Usagi (surnom d'Usami). D’ailleurs, l'écrivain à une crise de conscience (à juste titre) quand quelqu'un lui en fait la réflexion mais ce questionnement est vite balayé. Je trouve que c'est très limite comme message ! Une autre réflexion est celle du regard des autres et de la vision de l'homosexualité au japon. La solution de l'auteur: Vivre cachés. Dans la saison 3, Misaki vit avec Usagi depuis des années et pourtant son frère n'est au courant de rien. Une nouvelle fois: Limite.

    C'est donc un plaisir coupable de la même trempe que Ouran HighSchool Host Club. Je ne pense pas que l'auteur ai voulu passer un mauvais message. Je dis juste qu'elle l'a mal fait. Si on a pas assez de recul avec ce message, JR peut devenir un anime/manga très dangereux surtout entre les mains de son très jeune lectorat qui découvre le Yaoi pour la première fois ! 

    ça me fait vraiment du mal de dire ça parce que en soi, la saga est mignonne et drôle avec des personnages attachants mais on ne peut être parfait et je pense que c'était un détail important. On se quitte avec les opening de l'anime !

    Un mot sur l'édition DVD: Éditées par Black Box et en bonne place dans le catalogue IDP, Les saisons 1 et 2 ont été vendues dans de beaux coffrets en carton rigide abritant un autre coffret plié en carton plus souple, bien décoré. Les disques ont été imprimés aux couleurs des petites mascottes de la série comme Suzuki-san, les canards ou les pandas. Les menus sont moches comme il faut mais on commence à y être habitués. Les livrets fournis ne sont pas très intéressant, pire encore, le guide des épisodes est un tas de spoiler. Mais bon, un bonus ça fait toujours plaisir. Les deux coffrets sont vendus 20€ sur Anime-Store. A ce prix, on ne se prive pas.

     


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