• Grimms Manga

    Grimms Manga

    Depuis Once Upon a Time, on dirait que c'est la mode de réécrire nos vieux contes de fées poussiéreux. C'est ce qu'a décidé de faire Kei Ishiyama. Grimms Manga est un recueil d'histoires publié au Japon en deux volumes en 2007 et 2009. En France, les droits de traduction sont possédés par Pika Edition qui l'a publié en 2012.

     

    Je ne parle jamais des éditions du manga car généralement, on a pas grand chose à dire. En effet, la plupart des éditions sont standardisées sur une base de couverture monochrome couverte par une jaquette de papier glacé en couleur. Rien de bien original. Pourtant du haut de ses 14€95, un tarif assez élevé pour un manga, et de sa taille plutôt imposante doublée d'une épaisseur plus qu'honnête, l'intégral de Grimms est un très beau livre qui mérite sa place sur votre étagère. Comme vous pouvez le constater sur l'image ci-dessus, la couverture (vraie, pas une jaquette) arbore un aspect de vieille reliure de cuir. Toutes les lettres sont dorées. Oui, c'est cliché pour un livre de conte mais justement, cela renforce le sentiment de se retrouver devant un bel ouvrage ce qui assoit la légitimité de ce livre à nous parler de nos contes anciens. Alors que la partie en rouge a une finition mate, l'illustration est très brillante. Le paysage hivernal nous rappelle que cette édition est à la base une édition de noël et le Chaperon Rouge tellement choupi constitue une chouette mise en bouche du talent de la dessinatrice ! La tranche et la quatrième de couverture ont été pensées avec le même soin: Illustrations glacée de la Reine-Grenouille,de Blanche-Neige et lettres d'or.

    Le Premier et le dernier feuillet, en papier rouge de bonne qualité, sont ornés d'un petit dessin du Monstre du château version chibi. C'est seulement un petit détail mais cela montre à quel point cette édition a été pensée pour constituer un bel objet, presque un livre de collection (Tapez, cercle du bibliophile dans google, ça vaut le détour !). 

    Ce qui fait la force de cette édition, ce sont ses illustrations couleurs. Au nombre de 22,elles constituent une véritable plongée dans la féerie des oeuvres originales. On pourrait presque regretter qu'elles ne soient pas imprimées sur un papier de meilleur qualité, peut-être brillant. On trouvera aussi dans cette édition quelques strips et des crayonnés, magnifiques encore une fois.

     

    Car ce manga est BEAU. Oui, c'est un style Shojo tout à fait classique, avec des grands yeux et des pétales de fleurs. Mais c'est bien fichu. Très très bien fichu. De plus, le découpage des cases est très graphique et particulièrement déstructuré. Les personnages sortent de leurs cases et ont toute la place pour s'exprimer. Les pages de couverture sont somptueuse avec un fourmillement de détail très baroque comme on peut le voir dans les superbes illustrations de Black Butler par exemple.

     Mais, est-ce que les dessins suffisent à faire un bon manga ? Pas vraiment. Penchons-nous donc sur l'adaptation des contes. L'auteur en a choisi 9. On passe des plus connus: Le petit chaperon rouge, Raiponce, Hansel et Gretel, Blanche-neige et le Chat Botté vers les contes plus confidentiels que l'on se plait à découvrir: Les deux frères, Les douze chasseurs, Le roi-grenouille et La Fauvette-qui-chante-qui-sautille (conte que je ne connaissais absolument pas mais qui semble être une autre version de La Bête et le Rossignol, lui même à l'origine de La Belle et la Bête). Ce choix est judicieux puisqu'il induit une certaine variété: Conte de princesse, de cape et d'épée et récit initiatique. Mais 9 contes en 2 volumes, cela fait beaucoup. Et ça se sent. Culturellement, un conte n'est pas long, une dizaine de pages et parfois moins, puisqu'il est issu de la tradition orale. Seulement, on ne peut pas comparer une narration écrite à celle d'une bande dessinée. Pour que le récit reste claire pour le lecteur, il va avoir besoin de plus de pages, plus de dessins, que si il avait affaire à un narrateur omniscient qui présenterait l’action. C'est peut-être là le défaut majeur de ce manga. Il ne sait pas prendre son temps et de ce fait, est frustrant. Peut-être aurait-il été plus judicieux de ne s'attarder que sur 4 ou 5 contes, 2-3 par tome, pour pouvoir prendre le temps de développer ces personnages. Malgré tout, ce défaut semble connu par l'auteur et, certains récits riches sont coupés en deux parties.

    Ils s'agit de bonnes adaptations, sorte d'histoires alternatives: "Et si le grand méchant lou avait été un petit lou-garou amoureux du chaperon rouge ? Et si le chat botté avait des pouvoirs magiques ?" en résulte une véritable réinterprétation, ainsi que des situations parfois cocasses à l'humour très japonais.

    Alors...Est-ce que je recommande ce manga ? Hum...Oui...Et non. Je n’insisterais pas plus sur le coté luxe de cette édition ni sur les graphismes mais les récits souffres de quelques faiblesses  et ont parfois un aspect assez enfantins qui pourrait désappointer les adultes.  Si il n'est pas dans mes coups de coeurs, je ne regrette pas pour autant cet achat. ;)


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